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bannière Rock à Lyon
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- Chico Magnetic Band -


(Chico ne reculait devant aucun jeu de scène !!)

(On ajoute cinq "vidéos" [en fait juste du son sur image fixe]
sur la droite de notre page… Evitez de les démarrer toutes ensemble !!
Merci à ceux qui les ont mises sur le Net)

 

CHICO MAGNETIC BAND
(Article de Christophe Simplex [www.facebook.com/christophe.simplex] initialement paru dans Jukebox Magazine)

Chico Magnetic Band : derrière ce nom énigmatique se cache un groupe dont la démesure et la folie scénique sont restées dans toutes les mémoires des acteurs de la pop musique des années 1969-1972. Il faut dire que Chico, showman et leader du groupe, ne lésinait pas sur les moyens et les artifices pour arriver à ses fins. Quand il le voulait, et selon l'humeur et l'état de ses membres, ce groupe avait peu d'égal sur scène. Difficilement gérable — les excès ne s'arrêtaient pas hors concerts — le Chico Magnetic Band va s'autodétruire et se griller auprès de tout le show business, laissant derrière lui un trainée de poudre, une poignée d'enregistrements et surtout le souvenir de concerts mémorables. Nous avons le plaisir de vous rappeler la trajectoire express de cette étoile filante de la pop française.

SLOW DEATH

D'origine tunisienne, Mahmoud Ayari, alias Chico, arrive en France à l'âge de 15 ans. Passionné de musique, il rejoint à Valence l'orchestre de bal de Jacques Koja avec qui il fait ses premières armes vocales. En 1968, Chico partage le chant puis remplace Jacky Kirsten dans les Soulfinger's dans une sorte de duo à la Sam and Dave. Appuyés notamment par trois anciens membres des Telstar's, et par une section de cuivres efficace, les Soulfinger's sont un groupe lyonnais très apprécié. Leur rythm'n'blues (reprises d'Otis Redding, de Wilson PickettÉ) leur permet de devenir groupe résident du West-Side Club (célèbre boite de nuît attenante au fameux Palais d'Hiver de Lyon). En 1969, Chico est leader du groupe résident à la Colline, club de St-Symphorien d'Ozon, ou il est accompagné par Grégoire Djevahirdjian (guitare), Alain 'Jimi' Mazet (basse) et Jean-Jacques Mulate (batterie). Ces trois-là l'avaient rencontré lors de son passage à Valence, alors qu'ils formaient à Montélimar un redoutable power-trio répondant au doux nom de Foxy Strollin' Retaliation ! Mais Chico se lasse du rythm'n'blues quand déboule Jimi Hendrix : choqué et sous le charme, Hendrix aura sur lui une influence de plus en plus croissante. S'identifiant à son idole, Chico décide de monter son propre groupe en 1969. Les anciens Blues Bugs Bernard Lloret (guitare) et Alain Fabrègue (basse) se joignent à Patrick 'Cactus' Garel, batteur talentueux qui a fait ses classes au Hot Club de Lyon, haut lieu du jazz. Le groupe prend le nom de Chico and the Slow Death et s'articule un répertoire autour de reprises d'Hendrix, mais aussi de Spooky Tooth et de Taste. Dès septembre 1969, le groupe devient l'orchestre résident du West-Side Club, alors que quelques premières compositions originales sont ébauchées. Sur scène, la folie de Chico prend le dessus : Il n'est pas rare qu'il prenne son bain dans une bassine en plein concert, tandis qu'un des clous du spectacle est un casque truffés de pétards confectionné par Cactus. Coiffé de ce casque, Chico allume les mèches pour un feu d'artifice final qui éblouit et enfume toute la salle ! Les 15 et 16 octobre 1969, Chico and the Slow Death effectuent la première partie d'Arthur Brown à Lyon au théâtre du VIIIe. Un Arthur Brown furieux qui ne goûtera que modérément le triomphe du groupe qui jette des poulets vivants dans le public, et surtout l'explosion finale des pétards, lui dont le tube est 'Fire'… Un premier changement intervient alors dans le groupe avec le remplacement d'Alain Fabrègue, rattrapé par l'armée, qui cède la place fin 1969 à une vieille connaissance de Chico, Alain 'Jimi' Mazet. Cette formation va passer début 1970 par les studios lyonnais JBP pour y enregistrer et graver quatre reprises de Jimi Hendrix : 'Spanish Castle' / 'Ain't No Telling' / 'Little Miss Lover' / 'If The Six Was Nine'. Aucun pressage de cet enregistrement n'existe mais une poignée d'acétates 25 cm sont gravés et immortalisent cette session qui vient de faire l'objet d'une jolie édition 45 trs EP sur l'obscur label 69 Records*. Cette formation rejoint l'agence 'Promolympia' de Jean-Pierre Rawson en mai 1970, agence qui compte parmi ses 'clients' Aleph, les Irrésistibles, l'Empreinte, Rotomagus, Titanic, Majority One, etc.


(Et pour les photos de promo, il faisait preuve de la même imagination délirante !)

TOUR DE FRANCE

Signé par CBS, le groupe est alors rebaptisé Chico Magnetic Band et un single est enregistré sous la houlette du producteur artistique Jean-Pierre Massiera, sorcier de la pop française, qui en compose également les deux faces. Ce 45 tours ('Pop Or Not' / 'Inverse Pop') est un collage montage assez inaudible qui déçoit singulièrement Bernard Lloret, d'autant qu'un titre de sa composition et qui aurait du figurer en face B a été écarté au dernier moment . Les excentricités incessantes de Chico finissent également par lasser le guitariste qui part peu après, remplacé temporairement et dans l'urgence par Bernard Monerri, qui apparaît sur la pochette du single ! Ce dernier n'est pas un inconnu dans le milieu des musiciens lyonnais puisqu'il a été à l'origine du groupe After Life, avant de rejoindre les Fancy Goods puis Beast. Il faut faire vite car le Chico Magnetic Band est booké en studio pour un album, et doit s'embarquer à partir du 10 juillet dans la tournée d'été 'Tour de France CBS-Pop Music' en remplacement de Rotomagus, dissous après le concert inaugural au Golf Drouot. S'ensuit une série de dates invraisemblables pendant deux mois aux côtés de Titanic et des Irrésistibles, avec quelques concerts mémorables : notamment celui du 1er août 1970 qui voit le groupe clôturer la première journée du Festival d'Aix-en-Provence, au Domaine de St-Pons. De l'avis de tous, Chico Magnetic Band fait un véritable triomphe ce soir-là, interprêtant après une intro instrumentale des versions explosives de "Crosstown Traffic", "Voodoo Chile" et "Born To Be Wild". Organisé par le fameux Général Claude Clément, ce festival rassemble entre 13.000 spectateurs (selon la police) et 45.000 spectateurs (selon les organisateurs) pour une affiche qui comprenait également et entre autres Leonard Cohen, Colosseum, Johnny Winter, Rare Bird, Pete Brown & Piblokto et Mungo Jerry. Ce "Woodstock" à la française sera filmé par Daniel Szuster et un film 'La Cause du Pop' sortira ultérieurement dans les salles d'Art et Essai. Ce film a été ressorti quelques années plus tard sous un nouveau titre, "Guitare Au Poing" (pour plus d'infos sur ce festival, voir JBM n° 195).

Grosse affluence également le 8 août à Colmar ou le Chico Magnetic Band, présenté par Patrick Topaloff, remporte un franc succès avant Rare Bird et Mungo Jerry, le casque aux 2000 pétards étant surveillé de près par le service des pompiers. Des milliers de kilomètres sont effectués dans la camionnette Ford pendant cette tournée qui conforte l'extraordinaire réputation scènique du groupe. La tournée achevée, Bernard Monerri retourne chez Beast (puis plus tard Terpandre), et divers guitaristes se succèdent dans le groupe, dont Jean-Marc Goldstein, Grégoire Djevahirdjian, Paul Farges (ex Triangle, Alan Jack Civilisation, Heavy Moonshine, Century) et Joël Moulin (futur Gold). Ce qui n'empêche pas Bernard Monerri de revenir faire ça et là quelques piges, au gré des engagements et des recrutements, avant de rejoindre Terpandre et Vortex à la fin des seventies. L'année 1970 s'achève par deux concerts au Gibus qui s'achèvent en bagarre générale ! Les tractactions continuent avec les maisons de disque pour la sortie de l'album tandis que Chico annonce dans les gazettes : 'notre guitariste est chez intérim !'. Sans avoir joué en Angleterre, le Chico Magnetic Band se voit consacrer des articles dans Melody Maker et Time Out ! De passage à Londres chez Ian Pollock (ancien chanteur des Blues Bugs), le groupe se rend au Lyceum pour un concert de Quiver et de Stoneground pendant lequel Chico apostrophe un spectateur renommé en la personne de George Harisson pour lui faire part de la triste situation des groupes français ! Une semaine plus tard, la photo de Chico prenant son bain dans une bassine en plein concert au West-Side est publiée par les hebdomadaires anglais !

LA CAUSE DU POP

Début 1971, le groupe lyonnais est classé dans les divers référendums des mensuels musicaux : 12e groupe français chez Best et 19e chez Rock'n'Folk, Triangle remportant les suffrages dans les deux publications. Quelques concerts épisodiques continuent de confirmer la bonne réputation sur scène du groupe, même si l'excentricité de Chico demeure difficile à gérer. Le groupe est programmé pendant le MIDEM de Cannes en février 1971, passant sur scène au Whisky A Go Go et au Palm Beach et sur l'écran dans le film 'La Cause du Pop'. Le Chico Magnetic Band se produit également au Golf Drouot le 8 avril 1971 (avec Triangle), au Bilboquet, au Palais d'Hiver de Lyon et aux festivals de Saint-Gratien (avec Ange) et de Fontainebleau (avec les Aphrodite's Childs, Axis et Martin Circus). Le combo lyonnais était également programmé au concert d'Auvers-sur-Oise, grandiose festival annulé se transformant en débacle.

Jean-Pierre Rawson, manager du groupe, trouve enfin un nouveau label pour sortir l'album enregistré. Vogue anticipe la sortie du LP avec le single 'My Sorrow' et 'We All Come And Go'. Initialement titré 'Slow Death In Mind', c'est finalement un album éponyme qui sort début juin 1971. Le succès commercial n'est pas vraiment au rendez-vous, malgré quelques superbes morceaux de bravoure ('My Sorrow', 'Explosion', 'We All Come And Go') et une bonne reprise d'Hendrix, 'Cross Town Traffic' (sic). Deux autres 'montages' de Jean-Pierre Massiera n'apportent rien à l'album qui reste néanmoins d'excellente tenue, surtout si l'on considère qu'il a été enregistré en mixé en trois jours seulement, dans les studios parisiens Europa-Sonor Wagram ! Le bon travail de l'ingénieur du son Pierre Guichon et les solos bien menés de Monerri font de cet album une perle de pop progressive qu'il est possible de redécouvrir aujourd'hui grâce au label allemand Lizard Records qui a eu la riche idée de rééditer en 2002 ce LP devenu introuvable au fil des années. Au peu d'exemplaires vendus à l'époque s'est ajouté la mise au pilon par Vogue des invendus ! Après un passage télévisé le 19 juin dans l'émission 'Midi Magazine', le Chico Magnetic Band se trouve un nouveau manager en la personne de Bernard Torrent et s'embarque pour une tournée d'été passant par Argelès, Port Leucate, Saint-Tropez.

ZIZANIE

En septembre 1971, le groupe s'installe à Viry Chatillon pour vivre en communauté dans l'ancienne maison des Variations. Jo Lebb et Jacques Grande 'Petit Pois' passent de temps en temps rendre visite au groupe qui joue régulièrement au Rockn'n'Roll Circus, repasse au Golf Drouot les 28 septembre et 19 décembre 1971, et au Gibus le 22 octobre de la même année. La démesure de l'extravagant Chico en fait un showman époustouflant qui ne laisse personne indifférent. Le casque à pétards et mini feux d'artifice fait toujours partie intégrante du show et il n'est pas rare qu'il embrase la chevelure de Chico, sans que cela n'altère la suite du show ! En décembre, le quatuor connaît à nouveau les joies d'un passage télévisé dans l'émission 'Vivre au présent'. Début 1972, le groupe enregistre un ultime 45 tours, 'Girl Of Ocean' couplé à 'Phantasm'. La formation se compose alors de Chico, Patrick 'Cactus' Garel, Alain 'Jimi' Mazet et Joël Moulin. Ce dernier est remplacé par Grégoire Djevahirdjian juste avant la sortie du single en mars 1972, ce qui explique la présence de Grégoire sur la photo de la pochette.

Pendant les sessions d'enregistrement, Cactus et Jimi accompagnent la chanteuse Maria Sandra qui enregistre également un 45 tours, deux titres de pop tribale signés Germinal Tenas, dans la lignée des succès de Martin Circus de l'époque. Une curiosité qui sort en même temps que 'Girl Of Ocean' : d'excellente facture, ce dernier single du Chico Magnetic Band ne rencontre pas non plus le succès, ce qui n'est pas arrangé par l'annonce de la séparation du groupe après un utime concert à Roanne, au Club 7. Chico annonce le début d'une carrière solo qui ne prendra jamais son envol, malgré des collaborations sans suites avec Jacques Grande 'Petit Pois' et Marc Tobaly des Variations. Les trois autres formeront l'éphémère Zizanie et l'on retrouvera Patrick 'Cactus' Garel quelques années plus tard au sein de Spheroe, tandis que Grégoire Djevahirdjian sera un temps accompagnateur de Claude François. Quand à Alain 'Jimi' Mazet, il deviendra artiste peintre quelques années plus tard. Début 2003, Chico et Patrick Garel projettent de retravailler ensemble, ce qu'ils avaient déjà fait à la fin des seventies au sein d'un groupe nommé Passing Shot. Trente années plus tard, le Chico Magnetic Band renaîtra-t-il de ses cendres ?

Christophe Simplex [www.facebook.com/christophe.simplex]

(1ère version de cet article parue dans Jukebox Magazine)


24 Mars 2012 : Résurrection [40 years later or so…] du CHICO MAGNETIC BAND lors d'une soirée "Souvenir du Palais d'Hiver" à Beynost (près de Lyon). Un album de créations serait en train d'être enregistré. Un compte-rendu de cette soirée sur notre blog SD…


 DISCOGRAPHIE :

-25 cm (1970) 'Spanish Castle' / 'Ain't No Telling' / 'Little Miss Lover' / 'If The Six Was Nine' (acétate JBP)

-SP (1970) 'Pop Or Not' / 'Inverse Pop' (CBS 5136)

-SP (1971) 'My Sorrow' / 'We All Come And Go' (Vogue OXV. 555)

-LP 'Chico Magnetic Band' (1971) 'Explosion' / 'Pop Pull Hair' / 'Lot Of Things' / 'We All Come And Go' / 'To Where I Belong' / 'My Sorrow' / 'Cross Town Traffic' / 'Pop Orbite' (Vogue LOXV. 17001)

-SP (1972) 'Girls Of Ocean' / 'Phantasm' (Tuba RU 8007)

-CD 'Chico Magnetic Band' (2002, pochette ci-contre) 'Explosion' / 'Pop Pull Hair' / 'Lot Of Things' / 'We All Come And Go' / 'To Where I Belong' / 'My Sorrow' / 'Cross Town Traffic' / 'Pop Orbite' (Lizard Records LR 0718-2)

-EP* (rééd' 2004) 'The Slow Death In Mind EP' (69 Records US 69001) 'Spanish Castle' / 'Ain't No Telling' / 'Little Miss Lover' / 'If Six Was Nine'

 


(à Aix-en-Provence, été 70, photo ©SD)

Des dithyrambes sur CHICO et son album par le chroniqueur américain "The Seth Man" : www.headheritage.co.uk/unsung/thebookofseth/1107
Et aussi sur le single "Pop Or Not/Inverse Pop" : www.headheritage.co.uk/unsung/thebookofseth/1136
..Et sur le single "Girls Of Ocean/Phantasm" www.headheritage.com/unsung/thebookofseth/1138

Et même une chronique en japonais sur cette page ! www.thirdear.co.jp/SHOP/PYEUC007.html

 


Story : Sur cette vieille photo (prise dans les coulisses du Palais d'Hiver, sans doute par Mario G), de g à dr Cactus, Chico et Alain F, qui se demandait d'ailleurs s'ils étaient avec (à droite) Sam ou bien Dave (du fameux duo de chez Stax..) . Après enquête (la moustache et la bague au petit doigt..) il s'avère que c'est Wilson Pickett ! (donc en Septembre 69)


(dernier single)

 

 

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